24.05.2007
L’histoire est un roman
Jeudi matin. Dans le décor étonnant du Magic Mirror, trois classes de 6e , 5e et 4e, venues de Saint-Malo, Mordelles et Lorient, s’installent avec enthousiasme. Face à eux, deux femmes, Marie Desplechin (Séraphine, L’école des Loisirs 2005 et Satin Grenadine, L’école des Loisirs 2004) et Viviane Moore (Le seigneur sans visage, Flammarion 2005), qu’un thème commun devait réunir aujourd’hui : L’histoire est un roman. La première est spécialisée dans la littérature du dix-neuvième siècle, son écriture intimiste et soucieuse du soin porté à la psychologie des personnages n’est d’ailleurs pas sans faire écho aux grands courants de l’époque ; la seconde est portée sur la littérature médiévale, sans doute grâce à son père, maître verrier de profession. Deux approches différentes de l’histoire donc.
Les deux écrivaines se sont soumises aux questions des collégiens en toute simplicité. Ce fut l’occasion, pour les deux auteurs, de se livrer à quelques confidences et d’éclairer un peu les élèves sur leurs sources d’inspiration, le choix de l’époque ou la genèse des personnages.
L’enjeu du débat était de dire si le roman et l’histoire étaient deux notions distinctes ou si elles étaient, a contrario, indissociables. La question, soulevée par une classe, avait suscité de vives réactions. Sur ce point, les deux auteurs sont catégoriques : « L’histoire est bien évidemment un roman. Aujourd’hui, les témoignages de gens du peuple reconstruisent peu à peu l’histoire. Il en va de même pour le roman ».
Certes, quelques divergences de point de vue ressortent au cours de la rencontre : Viviane Moore, répondant à un collégien que son envie d’écrire lui est venue d’une crise d’asthme à Saint-Malo, voit Marie Desplechin lui opposer gentiment que : « je pourrais très bien dire que j’ai eu envie d’écrire parce que j’étais insomniaque. Or, c’est faux, tout comme cette histoire d’asthme. L’écriture est quelque chose de présent en nous, ça ne s’explique pas forcément». Mais lorsque Marie Desplechin refuse poliment de dévoiler à l’assistance ses projets de futur roman, Viviane Moore cette fois l’appuie : « dévoiler le sujet de son nouveau roman, c’est comme ouvrir une bouteille de parfum et la voir s’évaporer… ».
Animé par Anne Chevrel, le débat a passionné les élèves. L’exercice semblait également avoir plu aux auteurs : « Je suis agréablement surprise par la participation des élèves et salue la prestation de la médiatrice et de Marie Desplechin» soulignait Viviane Moore.
Valérie Nescop
19:15 Publié dans 1 - Journée collège | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


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