25.05.2007

Dans le noir du monde

medium_noir-du-monde-1.jpgSi le ciel malouin s’est teinté de gris en ce deuxième jour de festival, c’est de noir dont on a parlé salle Maupertuis. À travers les romans de Viviane Moore (Les Guerriers Fauves, 10/18, 2006), Kim Tran-Nhut (La poudre noire de Maître Hou, Picquier, 2002) et Mickaël Ollivier (Trois souris aveugles, Albin Michel, 2002), les lycéens ont été invités à s’immiscer Dans le noir du monde. Elles étaient véritablement prêtes à l’aventure ces trois classes de seconde des lycées Sévigné de Cesson, Descartes de Rennes et Charles De Gaulle de Vannes. Ainsi avaient-elles travaillé sur les romans dont il était question, mais aussi sur d’autres ouvrages des auteurs, voire même les films tirés de ces livres. Et c’est consciencieusement préparés à cette rencontre que les élèves ont pu se lancer dans l’échange.

medium_noir-du-monde-2.jpgOn a d’abord parlé du choix du noir, de l’origine de l’attrait pour cette littérature. Mickaël Ollivier a ainsi expliqué qu’il ne s’agissait pas d’un choix réfléchi, mais d’une idée précise qui l’avait mené vers le noir. Il a ensuite avoué y avoir désormais pris goût. Viviane Moore, elle, regrette cette logique de classification de la littérature par genre. A ses yeux, le noir est un outil : utiliser des enquêtes policières permet une approche libre de la société. Kim Tran Nhut rejoint elle aussi cette approche quelque part utilitaire du roman noir : c’est par hasard qu’elle y est venue, le genre s’adaptant à l’écriture à quatre mains, jeu qu’elle pratique avec sa sœur.

medium_noir-du-monde-3.jpgCes trois auteurs et leur approche du roman noir moderne ou historique ont véritablement conquis leur lectorat. Laure, élève de 2de 1 au Lycée Descartes, sort radieuse de l’amphithéâtre. Elle a trouvé « super conviviale » cette rencontre qu’elle avait préparée en lisant un roman de chaque auteur, alors que seul celui de Viviane Moore lui était imposé. Il est ainsi important pour elle qu’on lui donne l’opportunité de montrer son point de vue, de pouvoir exprimer le ressenti de la lecture. Les lycéens ont même joué les experts, faisant remarquer à Mickaël Ollivier qu’une identification de l’ADN dans les cheveux comme celle qui permet l’identification de l’assassin dans son roman, n’est en réalité possible qu’en examinant le bulbe du cheveux, donc pas concevable sur des cheveux coupés. Surpris, l’écrivain n’en a pas moins félicité les élèves pour leur perspicacité.

Les professeurs aussi arboraient le sourire après ce café littéraire qui « sort le roman du tout fictif », mais regrettaient néanmoins de ne pas avoir l’opportunité d’une rencontre plus personnalisée. Dans le couloir, l’entrain des lycéens a été plus fort que le planning officiel : les auteurs se sont prêtés au jeu des dédicaces pour le plus grand bonheur de tous.

Julie Heurtel

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