26.05.2007

Londres : Ville-monstre

Londres ne s’est pas montrée sous son meilleur jour à la Maison des associations lors de cet après-midi consacré à la « ville monstre », comme la surnommait Lord Byron. Pourtant, les auteurs présents aux différents débats ont tous dit leur fascination pour cette ville.

medium_Moorcock54.jpgDans son chef d’œuvre Mother London (Gallimard folio, 2007), Mickaël Moorcock met en scène des personnages que la bonne société britannique prend pour des fous. « Le livre comporte une organisation précise afin de donner une impression de chaos » explique-t-il. C’est au travers des voix qu’ils entendent que Londres se dévoile. « C’est un livre de voix comme Londres est une ville d’échos » a joliment résumé Iain Sinclair, co-réalisateur de London Labyrinth avec Chris Petit.

Et comment ne pas évoquer Jack l’éventreur en parlant de Londres ? L’identité de ce tueur en série qui a commis les meurtres les plus atroces qu’ait connu la ville intrigue toujours, plus d’un siècle plus tard.
medium_ville.jpgA partir des éléments d’enquête de l’époque, notamment les coupures de presse et les lettres prétendument écrites par le tueur, historiens, profilers et éventrologues (spécialistes de Jack l’Eventreur) d’aujourd’hui reprennent l’enquête avec les techniques modernes. Mais même après la projection du documentaire d’Anne Verdaguer (Jack l’éventreur, France 5 / Phare Ouest Productions, 2007), le mystère reste entier… De quoi nourrir encore de nombreux récits comme celui de La ville monstre (Le Rocher, 2007) de Bob Garcia. Un recueil de nouvelles qui a un couteau comme « personnage » commun, couteau qui passe de main en main au fil des époques. « Chaque personnage porte en lui un côté sordide de Londres, explique Bob Garcia, que ce soit Mary Shelley (auteur de Frankeinstein), l’infanticide Judith Dufour ou Jack l’éventreur ».

Coup de projecteur sur Wesley Stace

Avant d’être écrivain, Wesley Stace est surtout musicien. C’est la vie d’un personnage rencontré dans une chanson qui ne durait que 3 minutes qu’il a voulu prolonger dans son roman L’infortunée (Flammarion, 2006).medium_2080689134.01.LZZZZZZZ.jpg

Invité au débat sur le grand roman victorien, Wesley Stace a d’abord expliqué qu’il avait choisi cette époque non pour elle-même mais pour les besoins de son scénario ! Lord Geoffroy Loveall recueille un petit garçon qu’il va élever comme une petite fille avec tous les problèmes que cela peut engendrer ensuite à l’adolescence… Or à l’époque victorienne, les garçons étaient habillés comme les filles jusqu’à un certain âge.

W. Stace sera présent, accompagné de sa guitare, pour la lecture de son livre par Daniel Mesguish (Livres en scène, aujourd’hui à 19h).

Julie Zaug

Commentaires

J'ai lu ces trois merveilles. Trois auteurs en état de grâce.
Un petit faible cependant pour Le Ville Monstre de Bob Garcia qui, à travers le style d'écriture, les personnages hauts en couleur et la construction du roman, a réussi à restituer le côté trépidant, foisonnant et fou de la ville de Londres.
La Ville Monstre se lit comme un thriller. On en sort épuisé mais heureux comme à la fin de son précédent roman "Le Testament de Sherlock Holmes" dont le principal personnage était sans doute... Londres !

Ecrit par : Hélène | 31.05.2007

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