28.05.2007
Le voyageur amoureux qui voulait écrire au monde.
C’est dans une salle comble que Bernard Giraudeau est venu présenter son dernier ouvrage, Les dames de nage, aux festivaliers présents à l’Ecole de la Marine Marchande. Ou tout au moins à ceux qui s’étaient présentés suffisamment tôt tant il y avait de monde à vouloir écouter l’acteur dans son rôle d’auteur.
A la question « pourquoi Les dames de nage ? », ce natif de La Rochelle prend le temps d’expliquer que les dames de nage sont, dans le vocable des marins, les pièces dans lesquelles les rameurs placent les avirons. Giraudeau confie alors que comme les rameurs, il a lui aussi « toujours eu besoin des dames pour avancer ». L’auditoire masculin approuve tandis que le public féminin se sent flatté d’un tel compliment…
Bernard Giraudeau, marin, réalisateur, acteur, auteur, est avant tout un voyageur qui à 60 ans, nous livre dans un ouvrage presque autobiographique ses impressions de voyages à travers le personnage de Marc Austère. Cette envie « frénétique » de capturer des instants de vie la caméra au poing, de « tout le temps prendre des notes » sur le vif sont effectivement des habitudes que l’on retrouve aussi bien chez l’auteur que chez son personnage.
Ayant voyager à travers le globe, Giraudeau s’estime prêt aujourd’hui à réaliser cette ambition de gosse : « écrire au monde ». Se permettant au passage de décrire le monde, ses habitants, ses vies, ses histoires comme seul quelqu’un de suffisamment « vigilant » et « poreux » peut aimer nous le raconter, à nous, ses lecteurs.
Les dames de nage se présente comme un recueil d’histoires successives dans une même vie guidée par la recherche de l’idéal féminin qui prend pour l’occasion le nom d’Amélie. Cette quête de l’amour est l’occasion pour le lecteur de découvrir une écriture « polissée ». Car Giraudeau aime les mots, aime choisir les mots, aime travailler le rythme que ses mots construisent, rythme qu’il impose volontairement à ses lecteurs consentants. Cette approche de l’écriture donne naissance à des textes emplis de sensualité, réveillant chez chacun l’amour de son Amélie, « celle qui dort sous les paupières », celle qui nous fait « ressentir dans le ventre une douleur qui fait du bien », celle qui est « parfaite ».
Mais Amélie n’est autre que le premier amour d’un petit garçon de 13 ans agrémenté des fruits de son imagination une fois devenu adulte, celle que l’on ne trouve finalement jamais, et l’on se dit qu’il est bien cruel de devoir grandir pour vivre dans un tel tourment !
Paul Vulcain
19:50 Publié dans 7 - Rencontres et débats | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


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